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LA RUE RÉPOND À DE VILLEPIN - vox-populi.net

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LA RUE RÉPOND À DE VILLEPIN

mercredi 5 octobre 2005, par Rezki Mammar

Avec un million de personnes sur le pavé, des dizaines de défilés dans toute la France, ce 4 octobre marque une rentrée sociale musclée. Le cortège le plus important s’est formé à Paris, place de la République. Ici, on garde en mémoire le « non » à la Constitution européenne.
Un reportage de Vox Populi.

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Dans la foulée du 29 mai

Il est déjà quatorze heures, les cars et le métro ont acheminé le plus gros du cortège. Dans les rangs des manifestants figurent des salariés : ceux du public, mais aussi ceux du privé comme les représentants de Virgin ou de Hewlett Packard, confrontés à un plan social ; ou encore ceux d’Aventis, anciennement baptisé Rhône Poulenc. Entre deux prises de parole au mégaphone, Josefa Torres, employée et représentante du personnel de cette entreprise nous a accordé un entretien (à paraître).

Un défilé éparpillé

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" Le travail c’est bon pour moi "

Une surprise rue de Lyon, une troupe propose un spectacle de rue en face de l’Opéra Bastille, sur le thème du monde du travail, où le Medef est revisité façon sado-masochiste, sur des airs de métal punk. Massif jusque vers Bastille, le cortège peine à rester groupé : un vide se creuse entre les premiers rangs et le reste de la troupe. Bref, l’organisation laisse à désirer. Boulevard Diderot, des voitures viennent même se faufiler dans l’espace qui s’est formé entre les marcheurs. C’est là qu’un accident survient : vers 16 heures 40, une ambulance arrive sur le boulevard. Un motard a renversé quelqu’un, « Il est salement touché » raconte une manifestante, sans pouvoir préciser si la victime faisait partie ou non du cortège.

La grande nouveauté de ce 4 octobre, c’est la présence de stagiaires, venus dénoncer leur précarisation ; de plus en plus d’entrepreneurs ont recours à des stages pour ne pas embaucher. En hâtant le pas, nous semons les enseignants, les salariés non journalistes de France Télévision (voir notre entretien avec Luc Delécluse, représentant du personnel). On croise les intermittents du spectacle, les employés du CHU de Créteil, Lutte ouvrière, plusieurs collectifs du droit au logement.
Mais on ne manifeste pas que pour ses propres intérêts comme on le croit souvent. De plus en plus de mouvements sociaux agissent dans un but commun. C’est le cas des auditeurs de France Culture : « nous sommes venus pour dénoncer la casse de cette radio. Depuis son arrivée, Laure Adler a viré tous les présentateurs de gauche », lance un habitué de la station.

TÉMOIGNAGES

« Des méthodes de management de plus en plus difficiles à supporter »

Luc Deléglise Secrétaire général adjoint de la CGT Audiovisuel

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Luc Deléglise

Vox-Populi : On parle rarement des mouvements sociaux dans les médias.
Luc Deléglise : Ici comme ailleurs, l’adage qui dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés prend toute son sens. Effectivement, dans ces entreprises médias de service public, il y a des salariés qui, comme dans le secteur privé, ont à souffrir de leur emploi, de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de travail, avec des méthodes de management de plus en plus difficiles à vivre.

Comment vivez vous le changement de direction à France Télévision ?
On a une nouvelle présidence avec Patrick de Carolis, qui jusqu’à présent a fait des annonces. Il apporte peu de réponses aux questions qu’on lui pose, notamment sur le financement du service public de l’audiovisuel et les enjeux de son développement technologique. On sait qu’à France 3 par exemple, il y a énormément de retard sur le développement de la télévision haute définition. Cette situation est porteuse d’inquiétudes quant au devenir de l’entreprise. Concernant France 2, on est dans un cas de figure où la production interne a été complètement externalisée et dévolue au seul secteur privé, avec des producteurs-animateurs comme Delarue, Drucker et les autres.

Cette journée de mobilisation est-elle un mouvement parti pour durer ?
Si cela devait durer, ce serait le signe que ce gouvernement comme le précédent n’est pas à l’écoute des salariés, des citoyens et des précaires. Je préférerais que ce soit une journée unique, ce qui voudrait dire que nous sommes entendus. Malheureusement, cela m’étonnerait et je pense qu’il va falloir à nouveau descendre dans la rue et se lancer dans des actions avec d’autant plus de force qu’on sera incompris et peu écoutés.

Que devrait faire le gouvernement ?
Qu’il envoie des signes concrets sur le pouvoir d’achat. Dans le public, qu’il lance des négociations réelles sur les salaires. Dans le secteur privé, qu’il cesse d’être aux ordres du Medef et qu’il permette de réelles négociations sur la revalorisation des salaires.

« Nous sommes contractuels de la fonction publique »


Martin Bortzmeyer
Employé Offices agricoles

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Martin Bortzmeyer

Vox-Populi : Quelle est le rôle de l’institution pour laquelle vous travaillez ?
Martin Bortzmeyer : Les offices agricoles sont des établissements publics qui dépendent du ministère de l’Agriculture. Leur rôle consiste à distribuer les subventions communautaires aux agriculteurs. Nous sommes 2500 agents et avons à subir un plan de suppression d’emplois de 250 postes, soit 10% des effectifs. Nous nous bagarrons depuis maintenant bientôt deux ans contre ce plan, qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune, mais aussi de la décision de resserrer les boulons au ministère de l’Agriculture.

De quel gouvernement vient cette décision de suppression d’emplois ?
Des gouvernements de droite, mais cela fait longtemps que ça traîne dans les tuyaux. C’était déjà sur les rails.

Quelles sont aujourd’hui vos revendications dans le cadre de cette journée de mobilisation ?
Notre première revendication, c’est de défendre les emplois, donc de refuser ce plan de 250 suppressions de postes. En annexe, l’Etat considère que nous ne sommes pas fonctionnaires. Bizarrement, nous avons un drôle de statut, nous sommes contractuels de la fonction publique, ce qui signifie que nous sommes licenciables. Evidemment, le plan de restructuration nous inquiète. Ce que nous demandons, c’est de pouvoir entrer dans la fonction publique : on émarge déjà sur le budget de l’Etat, cela ne ferait pas beaucoup de différence pour les finances de la nation et cela sécuriserait notre situation. Aujourd’hui, il est question d’une réforme de la fonction publique qui consiste à faciliter la mobilité entre les corps de la fonction publique. On ne voit pas pourquoi nous serions en dehors de ce mouvement là.

A lire (ou plutôt à écouter) également sur les manifs du 4 octobre, un reportage audio de Rezki Mammar :
http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=174

Messages

  • Pourquoi parler comme le font les manifestants, dans la rue, à un sourd et peut-être un autiste ? Un sourd n’entend pas - il faut lui faire des signes par gestes ; et un autiste refuse la communication.

    Le premier ministre a beau souhaiter un dialogue, le monologue de la rue a rencontré son monologue "poétique", le verbe creux.

    Résultat : temps perdu, match O-O, balle au centre, comme si rien ne s’était passé. Les gouvernants ont intégré les manifestations populaires et s’en moquent totalement. Il faudrait donc que le peuple se réveille un peu, et comprenne qu’il va falloir parler un "nouveau langage" à ceux et celles qui gèrent la maison France comme si elle leur appartenait...
    L’action littéraire

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